un objet original
Pour mesurer l'importance de ce texte, il faut souligner qu'il est un
objet à la fois unique, original et novateur .
Le lecteur est invité à revoir les textes institutionnels et la rubrique "le pourquoi du socle" (menu à gauche).
En quoi peut-on dire que le socle commun des connaissances et des compétences est original ?
Tout d'abord, le socle commun est original, parce que dans l'arsenal des textes dont nous disposions jusqu'à présent, rien ne lui ressemblait ou préexistait qui puisse le préfigurer.
Le lecteur est invité à revoir les textes institutionnels et la rubrique "le pourquoi du socle" (menu à gauche).
En quoi peut-on dire que le socle commun des connaissances et des compétences est original ?
Tout d'abord, le socle commun est original, parce que dans l'arsenal des textes dont nous disposions jusqu'à présent, rien ne lui ressemblait ou préexistait qui puisse le préfigurer.
- 1) il est l'expression d'un croisement de préoccupations partagées exprimées lors du Débat national sur l'avenir de l'école (2003 - 2004) , d'une volonté démocratique voulue par la loi d'orientation et de programme pour l'avenir
de l'école d'avril 2005, de préoccupations européennes définies autour de la question des compétences clés pour l'éducation et la formation tout au long de la vie.
Le consensus est-il profond ?
Un ensemble de constats partagés permettent de
réunir de nombreux acteurs dans un débat qui s'est voulu
participatif, une loi qui s'est donnée "obligation de
résultat" et une volonté européenne manifeste
incarnée par le processus de Lisbonne.
Notre système
éducatif a connu une massification sans précédent
: en quarante ans, alors qu'un élève sur deux en 1960
rejoignait la classe de 6ème, en 1997 c'est un
élève sur 2 qui atteignait le niveau bac +2.Dans le
même temps, la progression des bacheliers semble se heurter
depuis 1995 a un effet de "seuil". Les élèves des classes
sociales les moins favorisées ne parviennent plus à
progresser dans l'enseignement supérieur , les classes
préparatoires... d'où une mise en cause de "l'ascenseur
social".Les filières longues en mathématiques ou en
sciences n'attirent plus alors que les besoins croissent. 150 000
élèves soit environ 20% de sorties sans qualification du
système chaque année (objectif européen pour 2010
: 10%)
2 ) le socle se veut le ciment de la nation
: il a vocation citoyenne et fédératrice. Il
définit un patrimoine, une culture partagée. A cet
égard, l'un des éléments de sa réussite
tiendra dans la capacité que nous aurons à le populariser
en facilitant son appropriation par les maîtres, les parents et
les élèves, les citoyens et les différents acteurs
démocratiques et sociaux.
3) Le socle définit des contenus dont il prescrit l'acquisition
obligatoire pour tout élève ayant suivi la scolarité obligatoire.
Le socle ne doit pas être confondu avec les programmes.
C'est la première fois qu'une injonction ferme exige que tout élève parvienne au but fixé .
Le socle ne doit pas être confondu avec les programmes.
C'est la première fois qu'une injonction ferme exige que tout élève parvienne au but fixé .
4) Le socle constitue un outil de la continuité puisqu'il s'adresse à
l'élève jusqu'à sa sortie du collège voire la sortie de la seconde (16 ans révolus).
II obligera les différents acteurs à travailler ensemble y compris sur les plans de la définition des connaissances et des compétences, des outils pédagogiques, de l'évaluation, des parcours individuels.
II obligera les différents acteurs à travailler ensemble y compris sur les plans de la définition des connaissances et des compétences, des outils pédagogiques, de l'évaluation, des parcours individuels.
5 ) Le socle commun est un outil conçu au service de l'égalité des chances.(équité)
Il ne peut être isolé d'autres textes comme la loi d'orientation et de programme pour l'avenir de l'école mais aussi:
- la loi organique relative aux lois de finances qui nous place dans une logique de "performance" et de culture de l'évaluation fondée sur les résultats des élèves et l'idée que l'éducation a un coût
- la loi relative au handicap de février 2005 qui définit le handicap et surtout l'idée qu'alors hier l'élève devait s'adapter au système, c'est au système de s'adapter aux besoins particuliers de l'individu. Le socle est un outil de la différenciation.
- ou la loi de cohésion sociale de janvier 2005 et le stextes relatifs à la politique de la Ville...
… tous ces textes s’articulent entre eux avec
au cœur la question de l’égalité des
chances où plutôt de l’équité,
c’est à dire donner « autant à ceux qui
en ont le moins au départ »
comme le souligne F. Dubet.
Il ne peut être isolé d'autres textes comme la loi d'orientation et de programme pour l'avenir de l'école mais aussi:
- la loi organique relative aux lois de finances qui nous place dans une logique de "performance" et de culture de l'évaluation fondée sur les résultats des élèves et l'idée que l'éducation a un coût
- la loi relative au handicap de février 2005 qui définit le handicap et surtout l'idée qu'alors hier l'élève devait s'adapter au système, c'est au système de s'adapter aux besoins particuliers de l'individu. Le socle est un outil de la différenciation.
- ou la loi de cohésion sociale de janvier 2005 et le stextes relatifs à la politique de la Ville...
6) le socle bouscule les rapports entre les champs disciplinaires :par sa construction et sa distribution en sept piliers, le socle vient interroger les champs
disciplinaires et la relation entre ceux-ci. Ce sera en particulier un enjeu pour le secondaire.
Il pose notamment la
question de la transversalité (maîtrise de la langue...)
Les lecteurs d’Edgar Morin savent que le cloisonnement
artificiel des champs s’oppose à la compréhension des enjeux globaux et ne
favorise pas l’esprit critique nécessaire au citoyen.
Cela ne veut pas dire se refuser à la précision et à la
spécialisation mais aujourd’hui nous savons qu’à l’instar du regretté
Pierre-Gilles de Gennes, des ponts doivent exister entre les différents
domaines scientifiques, l’éthique, la vie sociale.
7) par voie de conséquence, le
socle commun devrait inviter à redéfinir la place du
premier degré et le rôle du collège.
Si comme le rappelait P. Meirieu,
l'école primaire a été fondée
institutionnellement sur le modèle Ferry et le lycée sur
le modèle napoléonien, le collège et en
particulier le collège unique, n'a pas
bénéficié d'un temps fondateur lui permettant de
forger son identité. Pour preuve, y ont enseigné aussi
bien d'anciens instituteurs (PEGC professeurs d'enseignement
général des collèges, bivalents) que des
certifiés dont la pédagogie et la vocation disciplinaire
se fonde sur le modèle du lycée.
Le socle devrait aider à mieux définir le rôle du collège qui devra délivrer la première évaluation certificative et achever si besoin de former aux compétences "de base".
Le socle devrait aider à mieux définir le rôle du collège qui devra délivrer la première évaluation certificative et achever si besoin de former aux compétences "de base".
9) le socle fait évoluer le
concept de l'évaluation en s'inscrivant dans le parcours personnel de formation
au long de la vie.
- toutes les compétences du socle sont exigibles
- l'évaluation ne peut plus se concevoir par la note moyenne
- le savoir est appelé à évoluer : il est constitué de repères mais n'est pas figé
- toutes les compétences du socle sont exigibles
- l'évaluation ne peut plus se concevoir par la note moyenne
- le savoir est appelé à évoluer : il est constitué de repères mais n'est pas figé
Ce pourrait être
l’occasion de réfléchir à une
évaluation qui sans naïveté
s’appuierait sur les premières réussites et
développerait l’estime de soi dans
un contexte de compétition (qu'il faudrait peut être
contrecarrer par la promotion des valeurs de solidarité)
où pour apprendre et progresser la confiance est
nécessaire
10 ) le socle intègre l'idée d'une pédagogie différenciée et de parcours personnel : respect des rythmes individuels, adaptation des méthodes aux besoins.
A ce titre, le socle peut être un outil de réflexion et de rénovation pédagogique.
Pour certains le socle serait le rmi du savoir, qu'en penser ?
A ce titre, le socle peut être un outil de réflexion et de rénovation pédagogique.
Pour certains le socle serait le rmi du savoir, qu'en penser ?
Cette vision d’un savoir minimal a été perçue pour certains comme
une approche réductrice. On a craint une sorte de « RMI du savoir »
qui viendrait tirer par le bas l’ensemble du système éducatif.
A cet argument, les observateurs répondront qu’un système
éducatif dont près de 160 000 personnes sortent chaque année sans qualification
(c’est-à-dire avec au mieux l’équivalent du brevet) ne peut rester indifférent.
Autrement dit, donner ce RMI à ceux qui ont peu ou pas, ce n'est pas indigne, au contraire... d'autant qu'une lecture attentive du socle, monrtre qu'il ne manque pas d'ambition sur les contenus.
Autrement dit, donner ce RMI à ceux qui ont peu ou pas, ce n'est pas indigne, au contraire... d'autant qu'une lecture attentive du socle, monrtre qu'il ne manque pas d'ambition sur les contenus.
Si nous considérons une classe d’élèves d'une école primaire, dans un quartier
conservant une bonne mixité sociale, ce sont peut-être quatre à six élèves par
classe dont l’avenir est compromis. Il convient donc d’intervenir pour eux
auprès d’eux en priorité et avec conviction, la conviction qu'on peut les faire progresser.
A profil équivalent, il y a des ZEP où l'on progresse mieux que d'autres.
Le socle ose définir des priorités... et nous savons en matière d'éducation que se donner trop de priorités ne serait s'en donner aucune...
L’Europe de la connaissance voulue par le processus de Lisbonne a
fixé pour 2010 l’ambitieux objectif de réduire à 10% les sorties sans
qualification du système. Il faudrait à présent une mobilisation de tous les instants pour
parvenir à cet objectif.A profil équivalent, il y a des ZEP où l'on progresse mieux que d'autres.
Le socle ose définir des priorités... et nous savons en matière d'éducation que se donner trop de priorités ne serait s'en donner aucune...
Dans le même temps, l’Europe a fixé de nombreux objectifs
relatifs par exemple au nombre d’étudiants dans l’enseignement supérieur et en
particulier dans les filières scientifiques et mathématiques.
Les évaluations internationales, comme PISA ont montré que la
France pouvait faire mieux c'est une litote et en particulier ont souligne la difficulté de nos
élèves de 15 ans à prendre de l’initiative, à mettre en œuvre leurs
connaissances.
Le premier objectif, est de se donner, par la loi, un outil
solide définissant comme une obligation, un ferme devoir, de tout faire pour
que tous les élèves puissent disposer de ces connaissances de base mais
essentielles, « la littératie » et « la numératie ».
Quelques points :
Il nous faut dépasser une vision réductrice de
connaissances simplistes ou de bases mais nous engager sur la possibilité pour le
futur citoyen d’élargir et d’enrichir ses connaissances. Cela suppose une
approche non figée d’un savoir en évolution.
Cela nous permet d’intégrer sans contradiction, à la fois l’idée de repères
essentiels mais également l’idée du sens nécessaire à donner à ces apprentissages.. A
sa façon le socle doit pouvoir aider aussi à dépasser l’artificielle antinomie
entre effort et plaisir, il doit aussi oser valoriser un patrimoine riche à
mettre en partage, il doit permettre par son approche intelligente de la
didactique de placer la motivation dans les apprentissages eux mêmes…
Le socle contraint les maîtres pour éviter l’impossible
« mille-feuilles » de connaissances juxtaposées toujours en
inflation, à savoir faire du lien, à tirer parti de la transversalité.
A cet égard tout professeur, quelque soit sa discipline, doit
avoir une vigilance et une exigence forte pour la maîtrise de la langue qui
s’apprend et se conforte partout.
Par exemple, plutôt que d’apprendre à lire artificiellement un texte
scientifique en français, c’est en sciences que l’on apprendra à lire le
documentaire scientifique, in situ, en donnant du sens et en apportant de vrais
contenus.
Le socle peut réactiver à sa façon la notion de polyvalence où le
maître sait à la fois différencier et relier, inciter les élèves à questionner
le monde en variant les points de vue... ce qui ne veut pas dire se refuser à
donner des repères, à favoriser la mémorisation et des activités structurantes
et systématiques.
Le socle évoque d’ailleurs l’idée d’effort de l’élève.
Le
socle engage l’avenir parce qu’il nous dit bien que "l’honnête
homme du XXIème siècle", celui qui possèdera les éléments du socle, saura s’adapter, se
former tout au long de la vie et s’appuyer justement sur ce patrimoine commun
pour faire évoluer son projet personnel...
août 2007